Je veux gagner le concours Découverte RFI 2004 pour mon pays
« Ba Cissoko, un nom, un groupe de quatre jeunes, que les mélomanes seront obligés d´écouter, dans un avenir proche. Pour cause, ce garçon, est de loin, celui qui tourne le plus, à travers le monde. Ba Cossoko est le seul guinéen de sa génération qui produit Cent ( 100) concerts par an. Qui dit mieux ? Lauréat de Découverte RFI 2004 à Bamako, Ba, Sékou, Kourou et Ibrahima inscrivent une page historique de notre musique » Lisez plutôt
Podium Magazine : Qui es-tu?
Je m´appelle Bâ Cissoko. Je suis artiste musicien je chante, je joue à la Kora et au Tamani. Je joue en compagnie de mes frères et cousins ; Sékou Kouyaté, Kourou Kouyaté et Ibrahima Bâ. Eux jouent respectivement,à la Kora électrique. le bolon,le Djembé..Ensemble, nous formons le trio- Bâ Cissoko: je suis le leader du groupe.
Tu as combien d´album ?
J´ai trois (3) albums locaux et un album international intitulé «Sabolan » ; Traduisez du poular, Attends-moi.
Il est évident que tu es l´artiste Guinéen qui tourne le plus à travers les grands planchers du monde entier. Cependant, tu es peu connu chez toi. Comment expliques-tu ce paradoxe ?
Il est vrai que sur le plan national, ma promo ne passe pas trop. C´est d´ailleurs, la raison de ma présence en Guinée en ce moment. Je viens vers Podium Magazine et les autres journaux. La RTG pour pallier ce déficit. Le trio Bâ Cissoko, de contrat en contrat, voyage beaucoup à travers le monde. A présent,nous (groupe) voulons conquérir la Guinée.
Bâ Cissoko, parles-nous de tes débuts.
J´ai connu un début difficile. Je voulais être footballeur, mais mon père Kandara Cissoko joueur de Kora, membre fondateur des ballets Djoliba m´a confié à mon oncle M´Bady Kouyaté grand maître de la Kora, avec qui j´ai voyagé à travers la sous-région en Guinée Bissao, la Gambie,le Sénégal; C´est lui qui m´a initié et encadré dans l´art musical, puisque j´étais rebelle a ma façon.
Je perpétue aujourd´hui, la tradition de mes ascendants. En 1983, j´étais de retour au bercail, j´ai intégré le « théâtre national d´enfant où, j´ai fait la connaissance de Prince Diabaté de N´faly Kouyaté virtuose de la Kora (NDLR Résident en Belgique avec un disque d´or avant Sékouba Bambino et Africando ) Alhassane Kouyaté joueur de Kora et Karamoko Bangoura autre joueur de Kora et de Balafon à Marseille. Nous étions encadrés par Mme Jeanne Macauley.
Le groupe "Tamalalou" est né de cette amitié, les soirs, nous nous produisions à l´Alliance Franco-Guinéenne, à l´Atlantique à Ratoma, Aux Copains d´Abord ou à la Camayenne ou, j´ai rencontré l´artiste Boule Diallo. En 1995, j´ai avec le « festival nuit métis » eu un contrat, je me suis envolé pour l´Europe accompagné par M´Bady Kouyate et Kourou Kouyate. Le premier à avoir ce contact est Keba Cissoko (Un frère décédé au USA).
A la fin ce contrat, j´ai suggéré à Marc Ambrogiani (manager dudit festival) d´auditionner le groupe "Tamalalou". C´est ainsi qu´en 1998 Tamalalou a fait un album (CD) titré Dandala dans le cadre de ce même festival. Mais, il n´a pas tourné. En 1999, le groupe Tamalalou s´est disloqué.
Puis, j´ai formé avec Kourou et Sékou, le trio- Bâ Cissoko. Un groupe qui a amorcé son décollage à Bamako où, il a rencontré Christian Mousset ( NDLR, Producteur Européen de renom, il a produit le : Bembeya Jazz National, Rokia Traoré du Mali, Jonny Cleg d´Afrique du Sud, Touré Kounda du Sénégal) qui a produit Sabölan. Aujourd´hui, nous avons une maison qui nous fait tourner. C´est la maison, Droit de Family.
Nous avons cent (100) dates par an. Je profite de l´occasion pour vous dire que le Trio-Bâ Cissoko est sélectionné par « Découverte RFI », un concours dont la finale aura lieu le 02 décembre 2004 entre la Guinée que je représente, le Sénégal et le Mali à Bamako. Le gagnant se produira au stade Modibo Keita. Je souhaite vraiment gagné parce qu´il y a tout un arsenal médiatique qui pourra me propulser à l´instar de Tiken Jah, Rokia Traoré, Positive Black Soul (PBS).
Tu voyages beaucoup, quelle est la place de la musique guinéenne à l´échelle internationale ?
Je sais qu´en Guinée, il y a de bons musiciens. Le Bembeya tourne, Bambino avec Africando Mais, on manque de soutien, nous n´avons pas de studios performants, la première école qui enseigne la musique n´a pas deux (2) ans. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas rayonner, pour le moment. Y a beaucoup à faire
Tes connexions dans la world musique, peuvent-ils aider certains artistes guinéens à émerger ?
Les étoiles du mandingue ont fait le festival de Marseille, les groupes tels, Les Etoiles de boulbinet,Les Espoirs de Coronthie, méritent vraiment d´être soutenus. La question n´est pas d´avoir un album et de se prévaloir du titre de star.
Il faut former des groupes pour jouer en live. C´est professionnel donc très bon. Lama Sidibé par exemple je veux vraiment l´aider, j´ai contacté mon producteur a ce sujet parce que je suis convaincu du talent de certains groupes.
Les classiques de la musique guinéenne notamment, le Bembeya continuent à tourner alors que dans ta vague bon nombres de musiciens sont noyés. Comment expliques-tu cela ?
Le travail ! Le Bembeya ce sont de vrais musiciens. Ils aiment la musique et leur travail est soigné. Quant à nous autres, nous aimons la musique mais, nous ne somme pas rigoureux dans le travail. Nous devons prendre l´exemple sur eux : Sofa Camayenne. Bembeya Kelétigui doivent nous inspirer
Quels sont tes projets ?
Je compte installer un studio d´enregistrement dans mon pays. Je reviens de Tokyo où, j´ai tissé de bonnes relations et parlé de ce studio. J´aimerais que Marabi se tourne vers la Guinée parce qu´il y a de bons musiciens qui méritent d´être produits sur l´arène internationale. Lama Sidibé par exemple.
As-tu des liens avec les artistes guinéens évoluant au pays ?
Oui Ibro Diabaté j´ai beaucoup travaillé avec lui notamment dans « Koundara » avec feu Bankhikanyi. Mory Djeli Deen Kouyaté que j´ai croisé à Dakar, Fodé Kouyaté à Paris qui m´a proposé de jouer la Kora dans son nouvel album. Bill de Sam (Paris). Quelques groupes de rap tels ; Deg-J-Force-3, Mifa Gueya
Et ton projet du festival de cordes ?
Il est programmé pour le mois de février 2005. Le dossier est constitué. Il concerne tous les instruments à cordes. En attendant, nous avons ouvert un centre Wakili Guinée où nous enseignons la Kora etc.
Aussi, le 30 novembre 2004, mon frère Kourou Kouyaté se marie et à l´occasion, nous organisons un grand concert en son et lumière à la plage de Taouyah. Paquito notre ingénieur du son, sera là de même que Marc le manager. Nous avons invité un groupe marseillais qui fait du reggae et « Touroplace ».
Nos amis des USA seront là aussi j´invite tout le monde, c´est gratis. Je précise que mon cousin Sékou a réussi à adapter des pédales à la Kora. Ce qui donne à l´instrument une marge de manoeuvre plus grande. Les autres joueurs de Kora d´Afrique que nous avons rencontré, ont été impressionné par l´ingéniosité du jeune. C´est une preuve que le travail paie forcément.
Ton manager m´a parlé d´un projet avec Tiken Jah ?
En effet, je veux inviter Tiken Jah sur mon prochain album a Paris. S´il accepte ou s´il est disponible, nous le ferons.
On est à la fin de l´entretien
J´aime la Guinée. Je demande à mes fans, aux mélomanes, aux artistes d´être solidaires d´éviter à tout prix, la haine. Je suis prêt à me produire n´importe où en Guinée, pour leur bonheur. En ce qui concerne mes amis artistes, je leur demande d´opter pour le professionnalisme. Le play-back rend paresseux c´est un conseil d´ami.
Propos recueillis par
Marco Ibrahima Sory Bah
Directeur de la publication
podium magazine de guinee
pour la radio-kankan