Interview de Prince DiabatéJ’ai souvent entendu parlé de Prince Diabaté et j’étais fier en tant que Guinéen de constater qu’il avait composé la musique de la pub d’ IBM lors des JO en Australie. J’ai cherché par la suite à avoir ses coordonnées pour parler de lui sur Musicafricana.com. Je fini par trouver son site sur le net et j’écris alors pour une demande d’interview. La réponse est arrivé très vite de la part de Linda son manager que Prince Diabaté a consulté mon site et a accepté mon interview.
J'ai cherché à aménager un temps pour le joindre mais quelques jours avant le jour que je m’étais fixé, je reçois un coup de fil de Linda qui me dit que Prince Diabaté est prêt pour l’interview. Le temps pour moi de m’attraper de quoi écrire et c’est parti.
MA: Bonjour Prince Diabaté.
PD: Bonjour Paul; j’ai visité votre site et j’ai lu des noms comme Nyanga Loramou, Jean Paul Millimono; ce sont des frères que je respecte.
MA: Comment arrivez-vous à faire connaître la culture guinéenne aux USA?
PD: c’est une bonne question. Je veux d’abord dire que je suis 100% griot ( dépositaire de l’histoire mandingue), né des parents griots. Je joue à la cora depuis l’age de 5, 6 ans. Pour répondre à la question, je joue dans les écoles et universités comme UCLA( University of California, Los Angeles) et je parle de la culture guinéenne. Il faut reconnaître que la Guinée n’est pas connue sur le plan international. L’on me demande toujours Guinea Bissau? je dis non, New Guinea?, non Guinea, Conakry. J’ai aussi mon site internet pour faire connaître la Guinée et sa culture. J’ai composé un morceau pour le groupe hip hop Ozomatli qui a gagné deux prix
"Grammy."
MA: Depuis quand vivez-vous aux USA?
PD: Depuis 1997. J'ai fait ma formation au Théàtre National d'Enfants, Troupe Andrée Touré. Ensuite, j'ai fait plusieurs tournées aux USA et au Canada. En 1997, je me suis décidé de rester aux USA et je m’y suis installé au New Mexico. J’ai alors joué avec l’Orchestre Symphonique de New Mexico avant d’aller à Los Angeles. J’y ai mon public fidèle qui me suit partout où je joue. La culture guinéenne est très riche et encore vièrge; pas exploitée. Seule la culture mandingue et une partie de la culture sousou sont exploitées. Une grande partie de la culture peulh ne l’est pas, sans parler de la culture forestière. Une immense richèsse à mettre en valeur.
MA: Alors comment expliquer-vous que les artistes guinéens n’exploitent pas
cette richesse et continuent à jouer le zouk ou le dombolo par exemple?
PD: Je dis d’abord qu’il faut aimer la musique avant l’argent. Certains viennent dans la musique pour l’argent et le gloire. Ensuite, il faut chercher à savoir qui tu es, d’où tu viens, qui est ton père, ton grand père, qu’est ce qu’il fait ou a fait. Et tu seras fier de toi-même. Je dis qu’ils n’ont pas compris. Le Hip Hop par exemple, vient du Doundoumba," la danse des hommes forts." C’est plutôt le contraire qui devait se produire.
MA: En parlez-vous à quelques artistes?
PD: Oui. J’étais en Guinée au cours d’une interview à la télé avec Babadian (journaliste guinéen), j’ai exprimé ma colère. C’est quoi ce brouhaha? Ce n’est pas possible! ce n’est pas la Guinée. Heureusement, que j’ai rencontré des groupes traditionnels qui font la musique authentique de chez nous. Je reste très attaché à ma culture. Chaque fois que je vais en Guinée, je m’isole avec ma maman pour apprendre des histoires à raconter; je rencontre les anciens, les sages pour apprendre d’eux. J’apprends à jouer à d’autres instruments. Je joue au kamelen n'goni (nom au Mali), soron ou simbi( nom en Guinée)
MA: (Prince Diabaté me fait écouter quelques notes). J’ai entendu un son pareil à la radio maliènne.
PD: Exact. Le son est comme la cora mais ce n’est pas la cora. Il y a tant à apprendre et à faire connaitre. Un jour, lors d’un spectacle à Montréal, le public avait commencé à danser et quand ma choriste, une blanche, a commencée à chanter en poular, en malinké et en sousou, les gens sont restés figés. A la fin, les applaudissements étaient pour elle.
MA: Faites-vous appel à d’autres guinéens dans votre groupe?
PD: Je fais parfois appel malgré quelques difficultés techniques pour les faire venir.
MA: Changeons de cap à present; comment est né le projet de la pub d’IBM?
PD: Ils ont tout simplement contacté mon manager et m’ont dit comment ils voulaient que je joue. Ensuite, nous sommes allés au studio et ça s’est très bien passé.
MA: Quel est votre rapport avec l’autre célèbre joueur de cora - Mory Kanté?
PD: Rire. C’est un grand frère que je respecte. On parle et il faut être humble pour reconnaitre que c’est c’est lui qui a introduit la cora dans la musique moderne.
MA: Votre dernier album "New Life?"
PD: Je parle des problèmes de l’Afrique, la guerre civile, je donne des conseils aux jeunes, je touche un peu de tout, je joue du flamenco, un peu de chinois....
MA: Oh…
PD: Rire. Oui la rencontre des cultures.
MA: Projet?
PD: Je compte partir en Guinée bientot pour enregistrer des instruments que l’on ne trouve pas ici, car je veux que mon prochain album soit accoustique. Je suis des cours d’informatique ici aux USA.
MA: Merci Prince Diabaté.
PD: A moi de vous remercier car nous devons nous donner la main comme des frères pour faire connaitre notre culture. Je vous félicite et encourage. Je souhaite que d’autres Africains vous donnent des coups de mains pour parler aussi des autres pays Africains.
Coordonnées Prince Diabaté:
Linda Bawden Allen
Manager, Prince Diabate
The Cora Company
8306 Wilshire Blvd, 254
Beverly Hills, CA, 90211, USA
New Tel : 310-402-7946
e-mail: info@princediabate.com
Website www.princediabate.com
Audio downloads princediabate.calabashmusic.com
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