A douze ans à peine, il est appelé par le chef de l’Etat en personne pour intégrer le plus célèbre des orchestres nationaux de Guinée. C’est là que le jeune Sékouba Diabaté gagne son surnom : Bambino. Membre du grand groupe salsa Africando et maître d’une belle carrière solo, le bambin est devenu grand. Et il entend encore grandir davantage. Interview.
Sékouba " Bambino " Diabaté ou le destin d’un griot chanteur. En Europe, on le croit seulement l’un des piliers du grand groupe panafricain salsa Africando. Alors qu’il est connu dans toute l’Afrique de l’Ouest. Alors qu’il est une star en Guinée depuis son plus jeune âge. Enfant prodige, il entame sa carrière à l’âge de huit ans.
Trente ans plus tard, l’artiste vient juste de sortir son quatrième album solo, " Sinikan ". Conscient d’être un porte-drapeau culturel de son pays, il a faim d’une célébrité internationale. Très attaché à ses racines, il souhaite également, à terme, oeuvrer pour développer la musique en Guinée.
Afrik : Vous êtes aujourd’hui l’ambassadeur de la musique guinéenne à travers l’Afrique. Qui doit-on remercier pour cela ?
Sékouba Bambino : Comme tout bon musulman, je dirai premièrement mes parents, tous les deux griots. Mon père qui au départ ne voulait pas que je me lance dans la chanson, de peur que les jalousies dans le milieu artistique ne m’attirent des ennuis. Ma mère, que je n’ai malheureusement pas connue, mais qui est à la base de mon succès.
C’est avec un de ses titres, Apollo, que j’ai connu mes premières grandes gloires en solo (son deuxième album solo, " Le Destin ", comprenant ladite chanson, s’est vendu officiellement à plus de 600 000 exemplaires en Guinée, ndlr). Et je dois aussi remercier le président Sékou Touré pour m’avoir choisi, alors que je n’étais qu’un enfant pour intégrer l’un des meilleurs orchestres nationaux du pays.
Afrik : C’est-à-dire ?
Sékouba Bambino : Il manquait un chanteur au groupe national Bembeya Jazz International pour le festival de musique nationale. Le président Sékou Touré a fait des pieds et des mains pour que ce soit moi qui soit la nouvelle voix du groupe. Je n’avais que 12 ans. J’ai dû chanter devant neuf chefs d’Etat et plus de 3 000 personnes. J’avais le tract mais je voulais mériter la confiance qu’on m’avait donnée. Et ma véritable carrière commence.